dziga vertov
de son vrai nom denis arkadievitch
kaufmann
De "Kino-Giaz" (Ciné-Oeil) premier long métrage à "l' Hommeà la caméra"
en 1929, Dziga Vertov affirme le pouvoir de l' image sur la
réalité, sa capacité à contribuer à
sa transformation. Le rythme rejoint celui de l' objet saisi par l'
image. Comme l' écrit le cinéaste dans "Le manifeste de
la révolution du Ciné-Oeil" "Le cinéma est
l' art d' organiser les mouvements nécessaires dans le temps et
dans l' espace jusqu'au obtenir un rythme artistique global
correspondant aux rythmes internes à chaque objet"
Au-delà de l' ambition théorique, l’ouvre de Dziga
Vertov demeure comme l' accomplissement d' un pur plaisir
cinématographique dans une liberté de mouvement qui
paraît aujourd'hui hors d' atteinte...
"L' hommeà la caméra" marque incontestablement une date dans l' histoire du cinéma d' avant-garde. Ce fut aussi l' une des dernières manifestations du bouillonnement créatrif qui suivait la révolution bolchévique, avant que le carcan du réalisme socialiste ne vint étouffer le septième art. Le jeune Denis Kaufman, qui se choisit comme pseudonyme Dziga Vertov, fit son apprentissage du cinéma en parcourant le front pour le premier journal filmé soviétique. Récusant le fil à intrigue, il estime que la vocation de la caméra n' est pas de restituer la vérité brute mais de faire surgir une nouvelle vérité que l' oeil humain, instrument imparfait, ne peut capter. Ce qui frappe dans les films expérimentaux de Vertov, c' est l' accord entre le jaillissement imprévu de la vie et l' éblouissante maîtrise technique (virtuosité des effets spéciaux)" Encyclopédie Atlas du Cinéma
"La sortie sur les écrans de "l' hommeà la caméra" fût précédée d' affiches publicitaires qui semblaient annoncer un cirque : "l' hommeà la caméra"
: enregistrement en 6 bobines. On signale aux spectateurs que le
présent film est une "expérience cinématographique
des phénomènes visibles, sans sous-titres, sans
décors, sans studio".
Ce travail expérimental poursuit la création d' un
langage cinématographique absolu, authentiquement international,
fondé sur une totale séparation d' avec un langage du
théâtre et de la littérature" Propagandiste du
futurisme, Vertov entend, comme Mafiosi, révolutionner l' art.
Construire un mode d' expressionà la mesure des temps et de l'
homme nouveau issus de la Révolution. Le cinéma, fils de
la science et de la technique est par nature ce
révélateur "inouï" de la vérité du
monde. Un super oeil qui rend visible ce que l' humain ne peut
percevoir" France Démarier
"Je suis le ciné-oeil,
je suis l' oeil mécanique,
je suis la machine qui vous montre
le monde comme elle seule peut le voir.
Désormais je serai libéré
de l' immobilité humaine.
Je suis en perpétuel mouvement,
je m' approche des choses, je m' enéloigne,
je me glisse sous elles, j' entre en elles ;
je me déplace vers le mufle du cheval de course,
je traverse les foules à toute vitesse,
je précède les soldats à l' assaut,
je décolle avec les aéroplanes,
je me renverse sur le dos, je tombe
et me relève en même temps que les corps
qui tombent et se relèvent.."
dziga vertov , manifeste du kinok's 1923